Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 17:26

Crise : situation invalidant les critères de jugement et de décision habituels.  Moment de perte de repères.




De l’incertitude à la peur

Nous sommes entrés dans une période où règne l’incertitude,  autant  désormais au niveau collectif et global, qu’à titre individuel.

Pour certains, la crise reste principalement économique et financière, et ils espèrent qu’elle  pourra être régulée rapidement. En somme : on ajuste, on répare, et on repart.

Pour d’autres, il s’agit d’un phénomène de plus grande portée, annonciateur de changements globaux, irréversibles, et relativement lents. Certains parlent, et on peut mettre à leur crédit de le prévoir et l’annoncer depuis assez longtemps déjà, d’une « crise systémique globale », qui bouleversera les équilibres mondiaux en touchant particulièrement les USA, et le modèle de développement qu’ils ont impulsé.

Une chose est sure : nous sommes tous concernés. Oui, le danger existe, le propre d’une crise étant qu’on ne peut prévoir son issue : ce peut être un mieux, comme aussi un pire.

Dans ce contexte, la peur peut prendre le contrôle, et aggraver les choses. Il est donc important de garder «la tête froide», pour affronter le changement, ou pour s’y préparer

Comme coach,  je me suis interrogée : comment pouvait-on comprendre cette crise, quel sens lui attribuer ?  Comment allait-elle toucher mes interlocuteurs et clients ? En quoi, enfin, pouvais-je, à partir de ma posture spécifique, apporter des éléments de repère utiles ?

Après avoir consulté une diversité de contacts et de sources sur la manière dont les chercheurs, philosophes, et analystes décryptent la crise, et dont les acteurs économiques et sociaux l’abordent, je vous propose en ce début d’année sept pistes de réflexion, afin de rester debout et manoeuvrant dans la tempête.

Ces pistes peuvent être lues ensemble, séparément, chacune pouvant servir de support à une réflexion qui la prolonge. En beaucoup de points, comme bien souvent dans notre monde où les interdépendances sont mises en évidence, leurs perspectives se rejoignent.

Vos réactions et réflexions personnelles seront les bienvenues.

 

Tant mieux si la crise s’avère moins profonde qu’on ne le craint. Tant mieux si votre secteur reste épargné. Mais si elle se creuse et se prolonge, mieux vaut être prêt.

 

 

Sept pistes de réflexion :

 

1.                              Apprivoiser la peur, résister au stress

2.                              Comprendre les causes, observer les tendances en mouvement

3.                              Faire le deuil de l’ancien

4.                              Etre accompagné, partager

5.                              Chercher  des voies, expérimenter, créer

6.                              Pendant la traversée, chercher le phare

7.                              Réinventer le leadership


Bientôt la suite sur ce blog

Par Arielle Hyver
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 17:28


 




La peur ne monte pas toujours à la conscience, mais elle envahit insidieusement le jugement et provoque le repli sur soi, la paralysie, ou suscite des décisions basées sur une évaluation déformée de la réalité  et contre productives.


On sait à quel aveuglement et a quelles extrêmités la crispation de la peur a pu entraîner les hommes au pire des crises du passé.


Reconnue pour ce qu'elle est,  la peur a une vertu : elle signale les dangers possibles. Une fois identifiée, elle peut donc nous aider à nous préparer à l’action juste. Car la peur n’empêche pas d'agir !

Le risque majeur serait de renforcer la logique de pénurie,  la peur de manquer, et la croyance de devoir se battre entre nous pour conserver l’accès aux ressources essentielles.

On peut aussi voir le système d’échanges se bloquer, la circulation se réduire,  comme un rythme de respiration que l’on réduit, et qui n’apporte plus l’énergie nécessaire…



Il est donc important de reconnaître nos peurs pour ne pas en être otages.


L’objectif : apprivoiser les peurs afin de rester en contact fluide avec la réalité, et avec toutes ses ressources pour y faire face.



Il s’agit  aussi de résister au stress.

Or ce dernier peut prendre deux formes très différentes.


Le stress adapté est celui qui accroît ma vigilance et me rend capable de réagir de façon adaptée au danger. Ainsi, face à la crise il peut nous inspirer de manière utile :


Prendre les mesures d’adaptation, de restriction de dépenses, comme on prélève de la toile sur la voile du bateau,  dans l’esprit de se préserver de l’excès de gros temps, sans amputer sa capacité de relâcher de la voilure lorsque le vent deviendra favorable pour une avancée.


Se rendre capable de résister, de tenir la durée, sans manquer de l’essentiel.


Par exemple, peut-être n’est-il pas souhaitable de céder à la tentation de baisser ses prix pour conserver du volume d’activité. Car si cette baisse entame la marge, elle ne préserve pas la capacité de rester manoeuvrant dans le futur. D’autre part, elle peut être l’indicateur d’un renoncement à ce qui fait la valeur du produit. Mieux vaut donc chercher à connaître précisément et adapter son service pour conserver la valeur auprès du client.


 

A l’inverse, le stress inadapté est celui qui excède mes capacités, soit parce qu’il est trop violent, soit parce qu’il dure trop longtemps. Dans ce cas, ma réaction perd progressivement toute efficacité, et mes ressources s’épuisent.

Comment puis-je accroître ma capacité de résistance au stress ? Comment puis je recadrer ma vision de la situation vers plus de positif ?

Quelques idées…

Etre à l’écoute de soi, afin de veiller à  satisfaire, autant que possible, ses besoins essentiels.

Savoir ne pas regarder trop loin pour se faire peur, ramener les questions à l’ici et maintenant pour  décider ce qui peut l’être sans attendre de voir tout à fait clair.

C’est peut-être le moment de régler les problèmes qu'on laissait perdurer dans l’entreprise, et que la crise vient pointer désormais.

C’est le moment de rassurer et recentrer sa force de vente, de rassurer et soigner les clients fidèles,  afin que nul ne cède à la panique.


De manière générale, identifier au revers des dangers,  les opportunités qu’ils contiennent,  et  se mettre en mesure de saisir les options positives.

Identifier ce qui ne dépend pas de soi, et à défaut d’options positives, faire au mieux, attendre et voir les solutions qui se présentent.

 




Par Arielle Hyver
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 17:49

 

 

Au delà  d’une crise du crédit, nous vivons une crise de la confiance et de la valeur : confiance dans le système qui est le notre, dans les relations et les personnes, crise aussi dans l’identification de ce qui fait valeur.

Mais cette crise n’est pas seulement un effondrement, elle est l’indicateur d’une transformation en cours.

A nous de décrypter les signes du nouveau paradigme qui commence à se manifester à travers les débris de l’ancien, afin de pouvoir l’accompagner dans le sens de la vie.  

A l’issue de la crise, comme au sortir d’une maladie, une force neuve aura émergé.


Quelles sont les tendances qui montent ? La situation est fragmentée et différenciée…


L’autonomie reste une valeur. Mais pas la voiture.

Les grandes entreprises réduisent leurs effectifs, mais beaucoup de PME recrutent.

La consommation ne va pas cesser, elle va sans doute se transformer :


Moins d’avoir et davantage d’être.                      

Moins de produits et plus de services.

Plus d’autonomie et plus de liens à la fois.                

Faire le choix de la qualité relationnelle.

Valorisation de ce qui favorise le lien et le recentrage sur soi.

Moins d’achats impulsifs et plus de choix «raisonnables». Choisir le beau et le durable.

Un développement plus respectueux de la nature. Une envie de proximité.

Faire le choix de l’excellence. Ou, à l’inverse, et selon son positionnement, rendre attractive une offre low cost.

Une recherche de sagesse, de temps pour soi, et, aussi bien, de stimulation et d’énergie…


>Certains secteurs se portent très bien…  Quelles sont les opportunités qui me concernent ?


Pour identifier les tendances et opportunités :


Rester à l’affût de l’actualité, être présent dans les lieux d’échanges professionnels,  


Etre à l’écoute à la fois des jeunes, qui feront les tendances demain, et des anciens, qui ont l’expérience d’autres crises et retournements,


Observer avec un regard ouvert, neuf.  


 

Par Arielle Hyver
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 17:51


 

 
Si nous avons la perception, indistincte encore, d’un nouvel état du monde en voie d’émerger, il va nous falloir renoncer à ce qui nous a donné du confort, dans son état précédent.


Mais nous ne savons pas ce que nous allons trouver. Et nous ne le saurons pas avant d’avoir d’abord lâché prise, afin de traverser.

Nous aurons besoin de temps, et de beaucoup de bienveillance.

Nous aurons besoin de faire confiance, malgré l’incertitude, et le brouillage des repères habituels.

Où trouverons-nous les sources de confiance ?

Peut-être dans une confiance fondamentale qui nous habite, dans une sérénité que nous avons construite avec la vie, dans des expériences qui nous ont fait identifier un essentiel qui ne peut pas nous être arraché, quelque chose qui nous sert d’ancrage dans la tempête, ancre du côté des valeurs.

Ou peut-être trouverons nous cette confiance dans la présence d’un leader éclairé, ou d’un proche.


Pour aller vers le neuf, il nous faudra voyager léger. Mais sans jeter l’essentiel avec l’accessoire.

Et c’est dans ce mouvement de lâcher prise, que nous allons pouvoir mesurer ce qui est pour nous l’essentiel.

 

En résumé :

Accepter de renoncer temporairement à des éléments de confort,

Accepter de vivre des étapes de malaise  et de doute

Pas de panique, ce n’est pas définitif. Se donner le temps, et rester dans la bienveillance,  envers soi-même pour commencer.




Par Arielle Hyver
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 17:55

 

 

 

 
Pour traverser la crise   et le deuil, nous avons souvent besoin d’être accompagnés.


Il s’agit d’être à l’écoute, de permettre aux choses de se dire et d’être entendues, d’accueillir les émotions afin qu’elles puissent délivrer leur message à la conscience, de prendre du recul, restaurer le sens, détecter le désir et les germes du futur…


Dans la difficulté, nous pensons aussi souvent faire appel à la solidarité. Notre premier mouvement est de la rechercher auprès de nos proches, ceux qui ont partagé notre identité ancienne.



Mais peut-être cela ne suffira-t-il pas.


Rappelons-nous que la solidarité ne va pas forcément de soi. Jouer le jeu de la solidarité suppose d’être sorti de la peur de manquer pour soi, ou d’être abandonné. Il y a donc des espaces de solidarité à construire, patiemment, volontairement et en conscience.

Mais fondamentalement, nous avons aussi besoin de partager pour étayer et construire de nouvelles croyances partagées, établir de nouveaux repères et établir les bases d’une plateforme commune sur laquelle bâtir un avenir.

Et ce qui nous y aide chaque fois, c’est l’aptitude profonde des êtres humains à ressentir de l’empathie dès lors qu’une expression authentique de chacun est rendue possible.

 

 En résumé :

Dans la tempête, inutile de se durcir pour tenir seul, recherchons des accompagnements qui nous aideront à garder l’esprit clair, à utiliser toutes nos ressources, et à savoir trouver celles qui sont nécessaires pour les compléter.

Pensons à préserver la richesse humaine de nos organisations, à entretenir la motivation et la confiance, en donnant l’assurance que personne ne sera « laissé pour compte ».    

  

Ne nous replions pas, échangeons nos informations, construisons des espaces de solidarité et de partage, dans nos cercles habituels et au-delà.




 

Par Arielle Hyver
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 17:56

 

 

Le nouvel état de nos organisations, et, au delà, le nouvel état du monde sera le résultat de ce que nous aurons créé.

La créativité a toute sa place dans les périodes de bouleversements, quand les solutions anciennes ont perdu leur efficacité.

La contrainte n’exclut pas la créativité, au contraire, elle la rend puissante (quand elle se perd au contraire dans la liberté et l’absence de cadre)

Les crises ont toujours accouché de renouveau. Ce qui se développait dans les marges peut soudain devenir une source d’inspiration puissante.

 

Dans la crise, « les cartes sont rebattues ». C’est le moment de s’ouvrir à de nouveaux horizons.


Pour cultiver  la créativité :


Entretenir l’ouverture sans laisser s’installer un excès de contrôle que la peur peut générer,

savoir regarder dans les marges,

solliciter la participation de tous, sans préjugés,  

s’ouvrir aux idées non conformes ou portées par une minorité,

s’imprégner d’informations, se donner des espaces et du temps,

utiliser des techniques adaptées ,

affronter le vide,

laisser parler son intuition…




bientôt la suite sur ce blog


Par Arielle Hyver
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Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /Jan /2009 18:55

     La sécurité du phare

 



« Le phare fournit une certaine sécurité aux marins sans toutefois leur épargner la crainte de la mer, la fragilité du navire en période d’orages violents et la nécessité de bien arrimer le navire au port. Le phare n’équivaut pas le câble qui maintient le navire au quai. Car même si les marins savent où se situe le phare, ils ne le voient pas toujours. Il n’en existe pas moins pour autant. Il offre une sécurité certes mais une sécurité que l’on peut qualifier d’instable
. »  

 

Les critères et repères habituels sont perdus. C’est le sens du mot crise.

Comme lorsque vous quittez la terre pour aller sur mer, il faut apprendre à se guider sur quelques amers remarquables, et dans le brouillard, faire confiance au cap que vous avez calculé.

S’il est nécessaire de disposer de scénarios de replis pour limiter les risques face au gros temps, il est aussi important de ne pas remettre en cause le cap stratégique, en lien avec l’identité et la vocation fondamentale.

De plus, dans des temps de repères troublés, la vision de ce cap devient essentielle pour amener une sécurité. Cette sécurité ne vise pas l’immobilisme mais la mobilité nécessaire au changement.

C’est le moment de disposer d’une vision du futur souhaité et de la partager avec tous ceux qui seront en mesure d’agir.

 

Cette vision doit tenir compte de la réalité et  être inspirante, afin de mobiliser les énergies, c'est à dire qu’elle doit être capable d’aller chercher les individus sur leurs désirs et sur le  sens qu’ils recherchent dans leur travail quotidien.  

 

Pour construire une vision partagée, quelques étapes essentielles :


S’inscrire dans une lecture informée et précise de l’environnement actuel et probable à moyen terme, et dans une connaissance fine  et réaliste des facteurs de succès de l’organisation

S’inscrire aussi dans la continuité de l’histoire partagée, révélatrice de l’identité profonde

S’appuyer sur les valeurs qui font sens au regard de cette histoire, et sur celles qui sont nécessaires pour atteindre le cap visé

Fixer ensemble une ambition motivante

Traduire enfin, cette vision en projets à moyen terme et en plans d’action immédiats.


… en se donnant bien entendu, à chaque étape, le temps, les moyens, et l’ouverture nécessaire pour partager la manière de voir, les espoirs et les  craintes, les inspirations et les idées.

 


Par Arielle Hyver
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